Aujourd’hui, nous foulons un lieu hors du temps : celui où naquit Bouddha en 623 avant J.-C., Siddharta Gautama.
Au cœur d’un vaste parc silencieux se dresse le temple érigé en sa mémoire, et à quelques pas seulement repose l’arbre sous lequel sa mère, Mayadevi, lui donna la vie. On dit que cet arbre, témoin immobile de l’histoire des hommes, aurait près de trois mille quatre cents ans.

L'histoire nous apprend que, alors que le terme de sa grossesse était proche, la reine Maya Devi quitta Kapilavastu, où elle vivait, pour se rendre chez ses parents, dans la maison où elle comptait accoucher. Mais le travail de l'accouchement se déclencha plus tôt que prévu, alors qu'elle passait par Lumbini, et c'est là qu'elle mit au monde son enfant.
Sur le chemin qui mène au sanctuaire, une nuée de papillons aux couleurs éclatantes accompagne nos pas.
Des singes, espiègles et fiers, nous observent en défiant nos regards.
Peu à peu, la marche s’apaise : des moines apparaissent, glissant comme des silhouettes de safran à travers les allées, et tout semble soudain devenir plus doux, plus simple, presque suspendu.
À l’intérieur du temple, les mantras résonnent. Les voix des moines s’élèvent, profondes et vibrantes, emplissant l’air d’une spiritualité dense.
Chacun de nous poursuit ensuite son propre chemin : les uns méditent sous les drapeaux de prières qui claquent doucement au vent, d’autres se recueillent près du bassin, certains flânent au gré de leurs envies, respirant l’encens ou esquissant des dessins inspirés. Lieu de pèlerinage mondial, le site mêle accents, visages et couleurs : une mosaïque d’humanité réunie par la quête intérieure.
Sur le chemin du retour, nous longeons un délicat canal où l’eau glisse en silence, comme pour prolonger la paix du lieu.
Après le déjeuner, nous rejoignons l’école Gyanpunj Bidhya Mandir, où cent cinquante enfants nous attendent. Le responsable de l’établissement nous accueille avec une grande générosité et nous offre un tableau représentant l’école, geste simple mais chargé d’émotion.
La représentation du jour, déjà joyeuse, prend une tournure encore plus lumineuse avec l’arrivée des clowns de la caravane, qui
font éclater les rires et agrandir les sourires. Une journée placée sous le signe de la douceur, du partage et de l’émerveillement.
