Le Tuesday 22 September - MAKEMO -

22 septembre 2026

 

Le rendez-vous se fait de bonne heure ce matin, avec l’école primaire de Pouheva. À huit heures, tous les enfants nous attendent assis dans la cour de l’école, en chantant. C’est franchement émouvant d’arriver en entendant cela. Le piano est vite posé et j’improvise un thème sur le mot bonjour en polynésien : ia orana… quatre notes ia o ra na, que les enfants vont vite reconnaître, chaque fois que je les jouerai. Puis après ce début magique, les quatre mains vont se succéder. À chaque fois qu’un jeune élève me rejoint au clavier, les autres enfants hurlent de joie. Nous resterons ensemble une bonne heure et demie à enchaîner des quatre mains plein de douceur et de poésie. Certaines impros sont bien rythmés et chaque fois elles sont accompagnés par un claquement enthousiaste des mains. Chaque fois qu’un enfant a fini de jouer avec moi, des dizaines de mains se lèvent pour le remplacer. Certains même viennent carrément au piano. Les institutrices présentent ont du mal à contenir cet enthousiasme. Assurément, il est difficile de les contenir. Là encore, je concluerai par une de mes compositions, L’envol des possibles.

La directrice de l’école très touchée nous invite ensuite après le temps de la récréation à monter dans sa classe avec tous ses élèves. Voilà tous les caravaniers mis en rang comme les autres enfants, les filles à gauche, les garçons à droite. Et nous montons les marches de l’escalier accompagnés par la cloche qui sonne le meoment de retourner en classe.

Il n’est pas loin de dix heures trente. Deux sculpteurs nous attendent. Le premier sculpte sur des os de baleines, des os et des dents de cachalots… L’homme est imposant, couvert de tatouages, principalement sur son dos. Une œuvre d’art c’est certain. Les caravaniers sont tous fascinés par la qualité de son travail et beaucoup s’empressent d’acheter, boucles d’oreilles et colliers.

Quant au deuxième sculpteur, il travaille essentiellement les huitre perlières. L’huitre en elle-même est travaillée pour devenir des parures, des boucles d’oreilles, des colliers et bracelets. Quant aux perles, elles sont extraites de la coquille pour être sculptées finement. Chaque perle travaillée est une œuvre en soi. Là encore les caravaniers dévalisent l’atelier. Le sculpteur, un homme très imposant, faisant bien deux fois ma largeur, couvert lui aussi de tatouages, est enchanté.

 

Midi trente, il est l’heure de retourner au bateau. Aujourd’hui, nous quittons Pouheva, qui fut pour tous le caravaniers un endroit étonnant, chaleureux et très accueillant. Toujours à l’intérieur du lagon, nous longeons l’atoll de Makemo plein Ouest vers la pointe du vieux village. Six heures plus tard, nous arrivons. Il y a de cela une trentaine d’années, les polynésiens ont déménagé leur village pour le rapprocher de la passe Est, là où s’est construit un petit aéroport, là où viennet les gros bateaux ravitailleurs, là où se trouvent écoles et commerces. Nous nous promenons dans ce village abandonné, envahi par les Pandanus et cocotiers… Il reste une maison qui semble habitée avec des poules qui vivent là. Mais les propriétaires ne sont pas là. Alors que certains caravaniers participent à une méditation sur la plage, d’autres sont partis nager dans le lagon. Quelques requins principalement des pointes noires, curieux, leur tournent autour puis s’enfoncent dans les fonds du lagon qui n’excèdent pas 50 mètres… Le soir tombe vite sous ces latitudes. Et avec lui une fraîcheur qui nous surprend tous. Ce qui nous surprend ce sont aussi les nonos qui nous mordent férocement. Ce sont des mouches minuscules quasi invisibles qui vivent dans le sable et qui nous obligent à fuir l’endroit. Après quelques minutes de zodiac, nous voilà tous à l’abri dans les catamarans.

 

 


0:00
0:00